Depuis quelques jours le confinement national a commencé. Les bibliothécaires sont renvoyé.e.s chez eux pour la majorité. Poussé.e.s dans nos retranchements, c’est le moment de booster notre créativité et de revoir notre mode de fonctionnement !

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Parce que pour beaucoup, la bibliothèque c’est avant tout un lieu d’accueil du public, avec des actions crées pour et parfois par eux et que là bah, forcément, c’est plus compliqué. La bibliothèque c’est aussi et évidemment un accès au savoir et là c’est le moment pour les bibliothèques numériques de tirer leur épingles du jeu. Mais je ne m’attarderais pas sur ce point précis que Biblionuméricus a déjà pointé. Tout ce que je pourrais ajouter à ce sujet c’est que ce moment de crise serait peut-être l’occasion de faire du pied à l’Etat pour que de nouvelles négociations aient lieu à l’avenir et qu’un droit de prêt numérique soit mis en place, seule solution pour arrêter de nous faire pigeonner.

Et puis comment faire alors que pour beaucoup la fermeture s’est décidée juste avant ou au moment du confinement, ce qui fait qu’étant dans des professions où on a peu l’habitude du télétravail, on n’a pas vraiment pu préparer nos arrières. Dans mon établissement, on avait commencé à imaginer tout un tas de tâches à faire en interne (genre gros inventaire, désherbage massif, etc) sans réaliser qu’en fait on n’allait pas revenir travailler sur place pendant quelques temps… Et moi la première j’avoue m’être d’abord dit, « mais qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire chez nous ? Notre boulot il se fait  en lien avec le public et les collections, hors on a ni l’un ni l’autre sous la main là. »

Une remarque qui n’est pas bien juste en prenant deux secondes de recul puisque dans un cas nous avons accès à notre public par les réseaux sociaux et dans l’autre, internet regorge de ressources à conseiller, valoriser, trier.

Du coup, pour moi deux axes simples se dégagent de la situation, accessibles à presque tout bibliothécaire de France et de Navarre : promouvoir/créer des contenus en ligne et maintenir du lien avec le public.

Essayer de garder un œil sur les activités normales et physiques de la bibliothèque me semble pas impossible mais compliqué à distance. Préparer des commandes ? Les éditeurs repoussent les publications. Avancer sur son programme culturel ? Oui, mais on se sait pas quand on sortira de la crise… Revoir son organisation interne, travailler sur la poldoc, si on a les docs pour sont des options possibles… mais je préfère profiter de ce moment inédit pour développer la médiation voire l’animation en ligne.  Le public est là, disponible, les enfants comme les adultes. Aux bibliothèques de s’adapter et de proposer des contenus ou des animations !

giphy-ideaIl y a quelques années, je finissais mes études et je travaillais sur un projet de bibliothèque « 4e lieu » qui consistait à créer des communautés culturelles en ligne et à les animer. Ce que je trouvais un peu inutile et factice à l’époque, surtout que nous n’avions pas de communauté de base. Aujourd’hui, en situation de crise, je me dis que c’est complètement ce que peuvent faire les bibliothèques. Faire des heures du conte en ligne ou mettre à dispo des enregistrements, pourquoi pas proposer des ateliers en ligne (dans la mesure de nos moyens) ou club de lecture afin de garder un lien avec nos usager.e.s… Nous savons promouvoir des contenus voire en créer (le conseil, c’est notre métier) mais il serait plus nouveau de se lancer dans l’animation en ligne, c’est à mon avis le défis des prochaines semaines !

Tout ne sera pas possible pour tout le monde, en fonction de la taille et des moyens, mais aujourd’hui la plupart des bibliothèques disposent à minima d’une page Facebook qui permet de partager des contenus, des vidéos, voire de se filmer en direct. Plus élaboré, j’ai déjà vu passer un programme d’actions culturelles en ligne via le logiciel Zoom des bibliothèques du Quebec par exemple.

Les bibliothécaires étant des gens bien organisés (des fois), l’ABF propose de mutualiser les idées sur un padlet qui commence à être bien rempli. Parce que dans les grandes équipes, il est plus simple de développer sa présence en ligne mais que beaucoup de bibliothécaires travaillent isolé.e.s, ne l’oublions pas, et plus encore aujourd’hui, alors partageons nos idées !